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La dette française explose, sera-t-elle un jour remboursée ?

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Pourquoi, tout à coup, les Etats ont-ils pu trouver à s’endetter pour des milliards en réaction à la pandémie provoquée par la Covid-19 quand les particuliers nécessiteux ne trouvent aucune aide supplémentaire ? Pourquoi ces derniers doivent-ils rembourser leur dette quand les premiers peuvent l’effacer ?

Les inégalités de revenus et de patrimoine font débat depuis une vingtaine d’années, mais on connaît moins les inégalités face à la dette, pourtant bien réelles : en France, l’INSEE montre que les ménages pauvres ont moins accès au crédit et ont davantage de retards de paiement ; aux Etats-Unis, le pourcentage de ménages Noirs américains ayant des capitaux propres négatifs – c’est-à-dire une dette supérieure à la valeur de leurs biens – est trois fois supérieur à celui des ménages blancs.

Non seulement les plus démunis doivent s’endetter pour survivre, mais ils subissent une pression du remboursement qui les étrangle. Il y a une sorte d’asservissement à la dette, à la manière du péonage, cette forme d’esclavage imposé aux indigènes au Mexique permettait de les obliger à travailler gratuitement pour l’acquit de dettes que ces travailleurs avaient contractées sur les propriétés.

Comme le montre notre dossier, cette inégalité des particuliers devant l’endettement se retrouve entre les Etats pour leur dette publique. Les dettes publiques sont un moyen pour les créanciers, qu’ils soient des acteurs publics ou privés, de faire pression sur les Etats endettés les moins riches, ceux qui n’ont pas leur propre monnaie, en prônant l’austérité.

La dette publique a explosé à la suite de la crise financière de 2008 et devrait encore beaucoup augmenter en raison de la crise de la Covid-19. La question de la mise en place d’une conférence internationale sur la dette publique se pose aujourd’hui avec une acuité extrême. Cette conférence aurait pour objectif de recréer des règles plus justes, comme l’expliquent Jézabel Couppey-Soubeyran et Romain Rancière dans nos pages. Elle pourrait d’abord décider de réduire l’endettement par un prélèvement sur les plus riches, coordonné au plan international, ce qui éviterait l’évasion fiscale. Ensuite, les Etats et les Banques centrales devraient se mettre d’accord pour effacer une partie de la dette publique détenue par les Banques centrales. Cela n’affecterait pas financièrement les Banques centrales, qui ont le pouvoir de créer de la monnaie pour compenser leurs pertes. On pourrait même aller plus loin et imaginer que les Banques centrales puissent verser directement de la monnaie aux ménages pour relancer la consommation, et donc réduire l’endettement public.

En tout état de cause, le règlement de l’endettement ne devrait plus se faire sur le dos des inégalités maintenues ou renforcées, ou en faveur des plus puissants. Le New Deal mondial ne doit pas être seulement green, il doit aussi être social et juste.

la reprise

  • Paul Christophle
  • Robin Elbe
  • Lucas Geitner
  • Nabil Lakhal
  • Théo Lamballe
  • Simon Porcher
  • Patrick Weil

Nous remercions pour leur participation à la rédaction de ce numéro

  • Jézabel Couppey-Soubeyran
  • Romain Enriquez
  • Romain Rancière
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