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"On a un ministre qui ment. Jean-Michel Blanquer ment, tout le temps; ou alors il s’est enfermé dans un déni de réalité"

Claire Guéville
13 minutes de lecture

La Reprise a interviewé Claire Guéville enseignante d’Histoire-Géographie à Rouen. Claire Guéville est responsable lycée du SNES-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du secondaire. À ce titre, elle s’est mobilisée contre la mise en place de la réforme du baccalauréat aussi bien depuis la rue qu’au Conseil Supérieur de l’Éducation, où elle siège.

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots ce qu’est la réforme du baccalauréat ? Quelles motivations idéologiques en sont à l’origine ? Dans quelle mesure est-elle issue de concertations ?

Avec la réforme du baccalauréat, le lycée général devient en grande partie un « lycée a la carte » : les lycéens choisissent eux-mêmes une partie des matières qu’ils vont suivre. Mais, on ne peut la comprendre qu’en lien avec les autres réformes à savoir celle du lycée et celle de l’accès à l’enseignement supérieur. Quand on a tous ces éléments en tête, on voit apparaître une volonté d’organiser le tri des jeunes dans une perspective utilitaire. C’est l’orientation qui est au cœur de cette politique, une orientation pensée comme la gestion de flux. Il s’agit tout simplement d’oublier l’objectif d’élévation des qualifications de tous les jeunes au profit d’une conception de l’éducation qui considèrerait que tout le monde n’a pas vocation à faire des études longues. C’est la traduction pratique du message du Président Macron annonçant en 2017 que tout le monde n’a pas vocation à aller à l’université. La réforme du bac traduit cet objectif. Désormais, chaque jeune, chaque lycéen construit son parcours dans une optique de maximisation de ses chances vis-à-vis de ses camarades. La norme devient la concurrence entre camarades. Cette maximisation des chances a des critères : le choix de certaines matières, de certains enseignements qui sont préférées pour l’accès à l’enseignement supérieur. La prétendue logique de liberté de choix des spécialités est remplacée par une logique d’optimisation concurrentielle. Ce n’est jamais présenté de cette façon mais c’est précisément ce qui se passe.

Toujours dans cette logique de maximiser les bénéfices tirés du choix des bonnes spécialités, le baccalauréat voit ses épreuves réduites à quatre matières : le français, la philosophie et les deux spécialités de terminale ; auxquelles s’ajoute le fameux grand oral. Dans cette dernière épreuve, il s’agira grosso modo, de faire bonne impression. L’épreuve entend évaluer des soft skills, c’est-à-dire des compétences extra-scolaires. C’est, en quelque sorte, une évaluation de l’origine des élèves. Quant aux notes de contrôle continue, elles accentuent la prise en compte du lycée d’origine dans l’évaluation des dossiers des élèves. L’essentiel des critères de sélection, ce sont les épreuves de français de première parce qu’elles sont nationales et les deux épreuves de spécialités, car dans l’économie de la réforme ses promoteurs pensent que le jeune a choisi ses spécialités dans la perspective de son orientation post-bac. Cela veut dire que dès la classe de seconde un élève doit avoir en tête ce qu’il va faire trois ans plus tard et choisir ses matières en fonction de cette perspective.

Cet échafaudage de réforme a—t-il donné lieu à des concertations ? Je ne parlerais pas de concertations mais de discussions limitées par la connaissance très parcellaire que nous avions du contenu de la réforme. Pour en donner une idée, nous découvrons encore aujourd’hui le contenu du grand oral, dont les critères précis d’évaluation ne sont toujours pas arrêtés. Il y a deux ans, nous avons donc dû nous prononcer au Conseil Supérieur de l’Education sur une réforme du baccalauréat, sans disposer des éléments nécessaires à l’évaluation de sa pertinence. On n’y voyait rien : tout était fait pour masquer l’objectif de tri de la classe de seconde à l’enseignement supérieur qu’elle allait instituer, qui plus est non pas sur la base des qualités scolaires mais de compétences extra-scolaires. Ce n’est que maintenant qu’on commence à voir clair derrière les discours officiels de l’époque que je qualifierais de discours de propagande. Il nous aurait fallu deviner les intentions politiques du ministre ; des intentions largement masquées et qui le sont encore. En termes de méthode, cela en dit beaucoup sur la façon dont ce gouvernement, le ministre de l’éducation, mais aussi la ministre de l’enseignement supérieur, conçoivent ce qu’ils appellent des « concertations » : pas d’informations, pas de discussions, une impossibilité pour nous de nous prononcer en connaissance de cause et, lorsqu’on émet des doutes ou des retours critiques, des accusations de diffuser des « fake news », d’être des « ventilateurs à angoisse », comme disait régulièrement le ministre. Puis, quand la coupe est pleine et que les enseignants se mettent en grève, notamment au moment des épreuves du baccalauréat, ce sont, je cite : « des preneurs d’otage » ; expression employée aussi bien par Jean-Michel Blanquer que par Emmanuel Macron.

Donc non, il n’y a eu ni concertation, ni négociation. Seulement des discussions biaisées puisque le gouvernement y masquait ses intentions. A aucun moment, n’a été indiqué l’objectif de sélection généralisée de la loi ORE qui aujourd’hui est une évidence pour tout le monde. Il y a deux ans et demi, quand les réunions ont commencé sur cette réforme de l’accès à l’enseignement supérieur on nous indiquait au contraire qu’il n’y aurait pas de sélection ; ce qui a été repris par les médias de façon régulière. Bref, la méthode s’apparente à un passage en force fractionné : des premiers éléments de réforme avancés derrière lesquels on fait passer tout le reste, et c’est seulement a posteriori que l’on voit apparaitre les objectifs véritables. Ce n’est pas du complotisme que de dire ça lorsqu’on a un ministre qui ment. Jean-Michel Blanquer ment, tout le temps ou alors il s’est enfermé dans un déni de réalité. Par exemple, sur les contenus de la réforme du lycée, il a maintenu jusqu’au bout qu’il y avait des mathématiques dans le tronc commun de la voie générale. Il l’a maintenu et, parfois, il le maintient encore. Quand on lui dit « mais enfin il n’y a pas de mathématiques véritablement pour les élèves qui ne prennent pas la spécialité mathématiques », il dit « non vous mentez ». On a beau sortir des preuves, montrer que les programmes ne sont pas des programmes qui permettent d’avoir un enseignement minimal en mathématique et bien quand le ministre dit non, c’est sans discussion, c’est « circulez il n’y a rien à voir ». Il y a une forme de « trumpisation » du débat éducatif. Malgré tous les arguments que l’on peut opposer c’est balayé d’un revers de main par le premier ministre et dans ces conditions là il n’y a pas de consultations possibles.

Vous parlez de la spécialisation comme de quelque chose qui précède la sélection et qui oblige les jeunes à choisir assez tôt leur orientation, en quoi ce système est-il différent de celui des filières ?

Le système des voies et des séries, je préfère ce terme à celui de « filières », a plein de défauts, il perpétue notamment des formes de discriminations sociales et genrées, mais il a une grande qualité : il ne ment pas. Il montre comment l’éducation nationale organise un tri et il rend visible les inégalités qui le sous-tendent. Avec la réforme du lycée, on rend illisible la façon dont s’opère la sélection sous couvert de promotion de la liberté de choix. La liberté de choix dans les enseignements, c’est avant tout la liberté de jouer librement avec les déterminismes sociaux et genrés. Quand on dit à des jeunes « Faites ce qui vous plait, choisissez les matières qui vous plaisent, sans vous censurer », ce qui se passe en réalité, c’est que chacun choisit à l’aune de ce que lui permet son milieu social, de ce que lui permet l’environnement géographique et culturel dans lequel il baigne. Il y a très peu de liberté ici. Il n’y en a que pour ceux qui maîtrisent les codes et qui savent qu’il faut choisir telle ou telle matière pour pouvoir accéder aux enseignements de leur choix. Eux auront vraiment la liberté de choisir. La liberté de choix quand on a quinze ans c’est une liberté contrainte par des déterminismes sociaux très forts, très prégnants.

Les voies et les séries avaient cette qualité de rendre lisibles des parcours de formation. Elles impliquaient une cohérence forte entre les matières. Surtout, les élèves n’avaient pas le choix des matières au sein d’une série, ce qui finalement les protégeaient des lacunes qu’ils auraient pu avoir. Dans le nouveau système, les élèves ne sont absolument pas protégés. S’ils font une erreur de choix dès la classe de la seconde, c’est foutu. C’est ce qu’on observe et c’est la crainte que l’on a. On va voir comment se déroulent les choses l’année prochaine : quand ces élèves, qui auront fait les mauvais choix en classe de seconde, se verront barrer l’accès à la formation supérieure qu’ils souhaitent suivre, qu’est-ce qu’on fera ? La mise en place de cette réforme a lieu dans des conditions absolument apocalyptiques. La désorganisation du système éducatif est totale et à cette désorganisation s’est surajoutée une crise sanitaire. Crise sanitaire qui n’a quasiment pas fait bouger d’un iota le ministre. Jean-Michel Blanquer refuse de regarder le réel en face, il veut appliquer sa réforme comme si de rien n’était.

Quels sont les effets attendus et observés de cette réforme sur les lycéens et les programmes scolaires ? Le discours officiel du ministre, c’était de réduire les inégalités sociales et genrées et d’élever le niveau pour arriver à l’excellence. Nous, ce qu’on constate sur le terrain c’est qu’on a des jeunes qui au contraire auront, finalement, un niveau plus faible parce que si les programmes sont extrêmement ambitieux sur le papier, ils sont surtout impossibles à mettre en œuvre dans la pratique. Il y a également des enseignements qui théoriquement doivent aller ensemble mais comme il y a cette fameuse liberté de choix les élèves peuvent par exemple prendre physique-chimie et ne pas faire de mathématiques, or pour avoir un bon niveau en physique-chimie on ne peut pas faire sans mathématiques, ce n’est pas possible. Donc nous on assiste à de véritables drames dans les établissements en cette rentrée, avec des élèves qui forcement ne suivent pas dans la matière qu’ils ont choisis parce que ça supposerait qu’ils aient par exemple des mathématiques. Les mathématiques c’est un vrai problème de ne plus en faire quand on fait de la physique-chimie ou des sciences économiques et sociales. Cela empêche véritablement de mettre en œuvre les programmes. Quand Blanquer évoque l’excellence de ces programmes et invoque l’élévation du niveau des élèves grâce à ces réformes, nous on constate au contraire un creusement des inégalités scolaires avec quelques élèves qui vont trouver des bénéfices à ces programmes ambitieux mais qui sont beaucoup moins nombreux qu’avant.

Deuxième mensonge de Blanquer, la réduction des inégalités de genre, et le ministère lui-même le constate. Il ne se penche pas trop sur les inégalités sociales mais il constate que le lycée général à la carte creuse les inégalités de genre. Je donne un exemple : alors que le ministère disait que l’un des premiers objectifs c’était de faire en sorte que les filles choisissent d’avantage les matières scientifiques avec le nouveau système on sait maintenant que les filles choisissent encore moins les matières scientifiques dans le lycée version Blanquer. C’est un échec absolument patent par rapport aux objectifs affichés. Je ne suis pas certaine que le ministre croie en ses objectifs mais comme il les rappelle à chaque fois, il pourrait avoir l’honnêteté de reconnaître cet échec. Ce qui est étonnant c’est que cet échec était totalement prévisible parce que partout où il y a un lycée à la carte et où a été instaurée la liberté de choix par matière, partout on a assisté à un creusement des inégalités sociales et genrées. J’ai en tête le système britannique où, quand s’est mis en place ce principe du choix des matières à valider, on a observé un creusement des inégalités sociales et genrées. Pour faire court, quand on est un garçon issu d’un milieu social favorisé on va faire davantage de mathématiques et de physique-chimie, et c’est ce qui se produit en Grande-Bretagne : les inégalités se sont creusées et on a constaté une polarisation sur quelques matières et donc une réduction de l’offre de formation ; ce à quoi on assiste dans le lycée français. Il y aura de moins en moins de diversité d’enseignements dans les établissements. La liberté de choix concentre en réalité le choix sur quelques matières considérées comme essentielles pour l’accès à l’enseignement supérieur. Tout le reste finira par disparaitre. Les enseignements artistiques, les langues anciennes, les langues vivantes qui ne sont pas l’anglais, tout cela est en train de s’effondrer avec la réforme du lycée. Mais tout cela était prévisible.

Au-delà de la question de l’existence des matières qu’ils enseignent, comment cette réforme influence les enseignants dans leur quotidien et dans leur façon d’enseigner ?

Au-delà des suppressions de poste vous voulez dire ? Parce que c’est de cela dont il est question. La réforme du lycée, cette rentrée, c’est 1 100 postes d’enseignants en moins à nombre d’élèves équivalent. Mais mettons de côté cette crainte que les enseignants peuvent avoir sur leur propre avenir professionnel. Qu’est-ce que ça change ? Ce qu’on nous remonte c’est que les enseignants ont beaucoup de mal à penser l’articulation entre les enseignements dits « communs » et ceux de « spécialités ». Le fait de se retrouver avec des élèves qui n’ont pas du tout le même parcours d’enseignement rend plus difficile la mise en place des apprentissages parce que l’hétérogénéité est plus grande. La gestion de l’hétérogénéité scolaire c’est probablement la chose la plus difficile à gérer dans le quotidien de la classe. Parce que forcement quand on a un élève qui suit la spécialité de son enseignement, par exemple histoire-géographie, c’est évident que faire l’enseignement de l’histoire-géographie pour tout le monde alors qu’une partie des élèves aura quatre heures d’histoire-géographie en première en plus et six heures en terminale en plus rend les choses très compliquées. Dans les sciences humaines c’est une vraie difficulté mais dans les langues vivantes aussi. Ça reste une difficulté d’avoir des élèves dans une même classe qui vont avoir deux heures d’une langue vivante et d’autres qui vont en faire six et tout mener de front. Mais le pire c’est pour l’enseignement scientifique, tous les collègues de sciences nous disent qu’en enseignement scientifique ils doivent gérer des élèves qui font ne pas de spécialités scientifiques à côté d’élèves qui ont le parcours mathématiques, physique-chimie, SVT. C’est quasiment mission impossible, surtout en classe entière. D’autant plus que la réforme du lycée s’est accompagnée d’une diminution des moyens. Selon les schémas il y a environ 10 à 15% d’heures de cours en moins pour chaque élève ; donc forcément il y a moins d’enseignants, et moins d’offre de formation. Tout cela a fait disparaitre la notion de classe pour la voie générale. Quand on a un groupe devant nous comme enseignant, ce sont des élèves qui viennent d’horizons tellement différents, avec des intervenants tellement nombreux que c’est très compliqué d’assurer un suivi pédagogique. On a des classes, enfin des groupes, où interviennent une trentaine d’enseignants, donc forcément essayer de voir une cohérence là-dedans, suivre individuellement chaque personne, c’est impossible.

Le groupe classe existe-t-il sous une forme très restreinte qui est celle du regroupement de ceux qui font les mêmes spécialités ou est-on vraiment sur quelque chose de complétement éclaté ?

C’est complètement éclaté. C’est un choix du ministre, nous avions demandé la reconstitution des classes avec pour chaque classe un regroupement des élèves qui font peu ou prou les mêmes spécificités. Cela nous a été refusé. On a des enseignements communs ou tout le monde est mélangé, c’est ce qui va déterminer la classe et dans cette classe les élèves vont passer maximum 12 heures de cours sur les 26 ensemble. 12 heures c’est un maximum, ça peut être moins si en langue vivante il y a des groupes de compétence, ce qui arrive parfois. Les élèves se retrouvent dans une même classe avec éventuellement les mêmes professeurs uniquement pour l’Histoire-Géographie, l’enseignement scientifique, en français en première et en philosophie en terminal. C’est tout. En EPS les élèves sont par activité, ils sont donc déjà complètement dispersés. Tout le monde bouge tout le temps, c’est une déstabilisation permanente. L’objectif c’est toujours de dire : votre formation c’est vous qui la construisez, vous êtes un individu et vous construisez votre formation individuellement mais la conséquence, je n’ose pas dire l’objectif caché, de cette réforme c’est d’empêcher qu’il y ait des collectifs d’apprentissage et de fait, ils sont détruits complétement.

Comment analysez-vous cette réforme par rapport à la vocation universelle de l’Education Nationale ?

La première chose qui me vient en tête quand on me pose cette question c’est de dire que toutes ces reformes cherchent à limiter l’accès à l’enseignement supérieur et, par rapport à toute l’histoire de l’éducation nationale, c’est une régression. C’est un tournant majeur, puisque pour la première fois on a un gouvernement qui considère que l’on en a terminé avec l’élévation de qualification des jeunes et qu’on peut envisager de réduire la voilure en termes d’accès à l’enseignement supérieur. On peut chercher, que ce soit des gouvernements de droite et de gauche, jusqu’à maintenant, tous ont eu une même ambition : ils voulaient élever le niveau de qualification. Là, on est sur un basculement, une très nette régression en la matière. A aucun moment il n’a été question de donner davantage de moyens à l’enseignement supérieur pour absorber la poussée démographique. Donc la seule solution que nos gouvernants ont trouvée c’est de limiter l’accès à l’enseignement supérieur et d’organiser une sélection : les reformes du baccalauréat et du lycée doivent s’observer à l’aune de ce choix politique là.

Au lycée, la voie générale a pourtant toujours été présentée comme destinée à des élèves souhaitant s’orienter vers des études longues. Si on refoule ces lycéens de l’enseignement supérieur parce qu’on ne les y prépare pas assez et par manque de place, vers quoi les oriente-t-on ?

Se pose en effet, la question de savoir ce qu’on fait des jeunes qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur. Il y a un choix politique qui a été fait de vider le baccalauréat de sa vocation universitaire. Les élèves vont finir par avoir le baccalauréat mais sans que cela ne leur donne accès à l’enseignement supérieur, leur donnant peut-être accès à des forme de certification complémentaire. C’est ce qu’on voit un peu se développer, notamment avec l’enseignement professionnel, mais en aucun cas il ne leur assurera l’accès à des formations diplômantes. On est vraiment sur l’idée que le diplôme c’est un peu fini, il ne sera réservé qu’a ceux qui ont le bon parcours et qui seront nés au bon endroit. On est vraiment dans une volonté de réduire l’accès par tous les moyens et ça se sent vraiment partout. Pour moi, on est en train d’organiser la relégation des enfants du peuple.

Ce sont toutes ces questions que l’on a aujourd’hui sur la formation des jeunes. On voit bien qu’il y a une volonté de créer des sortes de formations annexes, des voies de délestage pour l’enseignement supérieur. Si les jeunes ne peuvent pas accéder à l’université parce qu’il n’y a pas assez de place, parce qu’il manque de place, on va leur proposer des formations en un an, des certifications ou des mentions complémentaires privées. Aujourd’hui, on est en train de voir fleurir toute une offre alternative à des poursuites d’études véritablement qualifiante et diplômantes et cela ouvre un boulevard absolu à l’enseignement supérieur privé. D’ailleurs il y a des chiffres qui montrent que l’enseignement supérieur privé connait une vraie poussée parce que tout le système s’organise de cette façon. Le gouvernement peut bien avoir dans l’idée d’arrêter l’élévation des jeunes mais la demande sociale est là. La demande c’est que les jeunes aient accès à des qualifications toujours plus élevées. La nature ayant horreur du vide, et le système éducatif aussi, il y a des opérateurs privés qui s’engouffrent donc dans ce vide que laisse l’enseignement public pour offrir contre monnaie sonnante et trébuchante des formations plus ou moins qualifiantes.

Entretien réalisé par Ugo Thomas

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