la reprise

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Vers le pire des mondes sanitaires?

L’épidémie de Covid-19 a-t-elle été une aubaine pour tous ceux qui, plateformes du numérique ou administrations publiques, souhaitaient depuis longtemps avoir un accès large et libre à nos données de santé ? C’est le sentiment que peut donner la multiplication des initiatives prises ces dernières semaines – entre l’application StopCovid développée par le gouvernement français, celle d’Apple et Google utilisée en Allemagne et la création de nouveaux fichiers de suivi des patients.

Ces quelques mois, nous avons tous été un peu épidémiologistes, il fallait bien donner un sens à cette maladie, sinon à nos vies confinées. Nous avons ainsi appris que l’épidémiologie repose sur le recueil, le traitement et l’interprétation de nos données personnelles, « un fil sur lequel on tire » afin de déterminer des facteurs de contagion et les sources de la maladie.

Le numérique change la donne : nos vies entières, outre la santé, sont mesurées et transformées en chiffres, nombre de pas, heures de sommeil, recherches internet etc. Cette immense quantité de données non organisées (le Big Data) doit permettre de créer des intelligences artificielles capables de sauver des vies. Mais il y a une autre face à la médaille : l’application StopCovid et les nouvelles bases de données créées pendant l’épidémie sont les symptômes d’un technopouvoir qui remet en cause notre vie privée et défie les institutions chargées de la protéger.

Dans ce jeu de quilles géantes (les Etats, les GAFAMs, les laboratoires privés, les compagnies d’assurance…), comment s’orienter ? La souveraineté numérique exigerait de disposer des moyens technologiques d’agir sans recours aux GAFAMs : organiser l’exploitation des données de santé des Français sur le cloud de Microsoft résonne comme une alarme pour notre politique industrielle du numérique.

Au-delà du risque de voir des dispositifs d’exception devenir les outils quotidiens d’un dangereux biopouvoir, le danger le plus immédiat vient de la quantité exceptionnelle de données personnelles captées par les GAFAMs. Ces temps d’épidémie doivent nous inciter à redoubler de vigilance, tant le consentement à la transmission continue de nos données personnelles est vicié par la gratuité, l’absence d’alternative et la nécessité sociale des services qui nous sont proposés. Nous faut-t-il agir pour faire des données de santé un bien commun ? Devons-nous édicter un Digital Bill of Rights ? Les données de santé font partie de notre identité inaliénable. Tirons-en les conséquences.

la reprise

  • ◆ Paul Christophle
  • ◆ Robin Elbe
  • ◆ Lucas Geitner
  • ◆ Théo Lamballe
  • ◆ Simon Porcher
  • ◆ Patrick Weil

Nous remercions pour leur participation à la rédaction de ce numéro

  • ◆ Mathilde Bras
  • ◆ Nabil Lakhal
  • ◆ Simon Woillet
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